Une nouvelle ligne de front en matière de sécurité mondiale émerge non pas des champs de bataille traditionnels, mais du chaos des catastrophes climatiques. Aux Fidji, des experts de tout le Pacifique et d'Europe se réunissent pour un atelier sans précédent afin de faire face à la manière dont des entités hostiles instrumentalisent les conséquences des cyclones, des inondations et de la montée des eaux.
### Quand les catastrophes ouvrent la porte au danger
### Former une équipe pour un Pacifique bleu résilient
Le tout premier Atelier régional sur les menaces hybrides et les catastrophes naturelles s'est tenu au camp Blackrock à Nadi. Financé par l'Union européenne, l'Allemagne et la France, cet événement de deux jours a réuni soixante hauts fonctionnaires et experts en sécurité de neuf nations du Pacifique. Leur tâche urgente était d'analyser comment les vulnérabilités créées par les catastrophes naturelles sont exploitées via la manipulation de l'information par l'étranger, la criminalité organisée transnationale et les attaques contre les infrastructures maritimes critiques. Cette réunion, faisant partie du projet de sécurité ESIWA+ de l'UE, a été accueillie par les Forces militaires de la République des Fidji.
Pour les États insulaires du Pacifique, la menace est immédiate et profondément personnelle. Des nations comme les Fidji, les Îles Cook et Tuvalu sont en première ligne du changement climatique, confrontées à des tempêtes de plus en plus violentes et à l'élévation du niveau de la mer. Les dirigeants locaux s'en soucient car chaque catastrophe met à rude épreuve les capacités de l'État, créant des brèches pour des ingérences extérieures pouvant saper la souveraineté et la stabilité. L'Honorable Pio Tikoduadua, ministre fidjien de la Défense, a présenté ce défi comme transcendant la géographie, nécessitant un effort d'équipe entre les expertises du Pacifique et d'Europe pour trouver des solutions ancrées dans les réalités régionales.
La signification de l'atelier réside dans sa reconnaissance formelle d'une crise aggravée. Il marque une étape délibérée pour tisser l'adaptation climatique et la politique de sécurité en une seule et unique stratégie de défense régionale. Comme l'a déclaré l'ambassadrice de l'UE Barbara Plinkert, l'objectif est de construire un réseau d'expertise de pair à pair, positionnant l'UE comme un partenaire fiable pour un Indo-Pacifique sécurisé. Le résultat est un engagement partagé à développer des réponses pratiques, garantissant que le « Pacifique bleu » puisse résister à la fois aux chocs environnementaux et aux pressions géopolitiques. Cette collaboration souligne qu'à une époque de stress climatique, la résilience est un effort collectif, forgé par le partenariat pour faire face à des menaces qu'aucune nation ne peut contrer seule.