L'aérogel de graphène fait déjà partie de ces matériaux qui semblent inventés pour la science-fiction : ultraléger, poreux et constitué de carbone aux propriétés électriques exceptionnelles. Lors d'une campagne de vols paraboliques de l'ESA, des chercheurs ont placé de petits cubes de ce matériau dans une chambre à vide, les ont frappés avec un laser pendant de courtes périodes de microgravité, et les ont vus filer vers l'avant.
La lumière est devenue une force de direction
Sous gravité normale, les échantillons bougeaient à peine. En microgravité, le laser a produit une poussée nette, et l'équipe a pu ajuster l'accélération en modifiant l'intensité du faisceau. Le résultat laisse entrevoir un futur possible où la lumière pourrait aider à diriger de minuscules composants de vaisseaux spatiaux, des voiles solaires ou des satellites sans propergol classique.
Il s'agit encore de travaux de laboratoire préliminaires, pas d'un moteur prêt à l'emploi. Mais le test est intéressant car il montre comment un matériau peut se comporter très différemment une fois que la gravité cesse de dominer l'expérience. L'aérogel de graphène n'a pas simplement absorbé la lumière. Dans les bonnes conditions, il a transformé la lumière en mouvement.
Pourquoi ce petit mouvement compte
Le vol spatial est rempli de problèmes qui deviennent sérieux parce que chaque gramme de carburant compte. Si un matériau peut être poussé par la lumière de manière contrôlée, il pourrait un jour faciliter des tâches délicates de contrôle d'attitude ou de maintien en position. L'histoire est modeste, mais l'idée derrière est élégante : utiliser l'environnement spatial pour effectuer un travail plus difficile sur Terre.