Les acheteurs en Thaïlande pourraient ramener plus que des nutriments en achetant de l'engrais. Une nouvelle étude a détecté des fragments de virus de chauve-souris dans des engrais commerciaux vendus sur les marchés locaux, une découverte qui relie l'agriculture quotidienne à des risques cachés pour la santé de la faune.
Une surprise dans le sol
Les chercheurs ont testé des produits d'engrais provenant de marchés à travers la Thaïlande et ont trouvé des traces génétiques de virus connus pour circuler chez les chauves-souris. Les fragments étaient présents dans des engrais à base de guano, fabriqués à partir d'excréments de chauves-souris collectés dans des grottes. L'étude n'a pas trouvé de virus vivants, seulement des morceaux non infectieux de matériel génétique, mais la découverte met en lumière une voie de transmission méconnue pour l'exposition humaine.
Les agriculteurs et jardiniers locaux utilisent souvent de l'engrais de guano car il est riche en nutriments et largement disponible. Les produits sont vendus ouvertement sur les marchés, et les acheteurs connaissent rarement l'origine exacte des excréments. Les auteurs de l'étude affirment que cette découverte révèle une lacune dans la surveillance et l'étiquetage de ces produits.
Pourquoi les chauves-souris et le guano comptent
Les chauves-souris sont des réservoirs connus pour de nombreux virus, dont certains peuvent se transmettre aux humains. En Thaïlande, les grottes abritant de grandes colonies de chauves-souris sont courantes, et la récolte de guano est une pratique traditionnelle. L'engrais est collecté, séché et emballé avec un traitement minimal, ce qui peut préserver le matériel génétique viral.
Les chercheurs ont souligné que les fragments ne représentent pas une menace directe pour la santé, mais leur présence indique que les virus de chauve-souris peuvent pénétrer dans les environnements humains par des voies non traditionnelles. Ils ont appelé à davantage de recherches sur la durée de survie de l'ADN viral dans le guano et sur les risques réels liés à la manipulation ou à l'utilisation de cet engrais.
Pour les habitants de Thaïlande, cette découverte ajoute une nouvelle dimension aux conversations en cours sur la cohabitation avec la faune. Les chauves-souris sont respectées et parfois craintes, mais cette étude montre que leur influence peut s'étendre jusqu'aux transactions les plus ordinaires, comme l'achat d'un sac d'amendement du sol.
Un avertissement discret
Cette découverte ne signifie pas que l'engrais thaïlandais est dangereux, et l'étude s'abstient de faire des déclarations alarmistes. Elle sert plutôt de rappel que les frontières entre les animaux sauvages et l'activité humaine sont souvent plus proches qu'elles n'y paraissent. Alors que les chercheurs continuent de tracer la manière dont les virus se déplacent à travers les paysages, cette étude offre un exemple clair d'une connexion qui était facile à manquer jusqu'à ce que quelqu'un regarde de près.