Pour la première fois depuis des décennies, le Mozambique compte une population reproductrice de rhinocéros blancs sur son sol. Dix-neuf de ces animaux errent désormais dans un sanctuaire du parc national de Zinave, marquant une étape majeure dans l'effort du pays pour ramener une espèce qui avait été anéantie par le braconnage il y a des années.
Les rhinocéros reviennent dans un parc qui les avait perdus il y a longtemps
Les 19 rhinocéros blancs ont été déplacés d'Afrique du Sud vers un sanctuaire de 46 000 hectares dans le parc national de Zinave, dans le sud du Mozambique. Le parc lui-même couvre plus de 400 000 hectares. La relocalisation a été menée par la Peace Parks Foundation, une organisation à but non lucratif qui travaille sur la conservation transfrontalière, en partenariat avec l'Administration nationale pour les aires de conservation du Mozambique.
Un déplacement minutieux pour constituer un nouveau troupeau
Les animaux ont été transportés par étapes. Ils ont d'abord voyagé par camion d'Afrique du Sud à Zinave. À leur arrivée, ils ont été relâchés dans un boma, un grand enclos pour animaux sauvages, pour les aider à s'adapter à leur nouvel environnement. L'objectif est que ces rhinocéros forment un groupe reproducteur autonome. Le sanctuaire est clôturé et patrouillé par une unité anti-braconnage dédiée pour protéger les animaux des menaces qui les ont chassés du Mozambique en premier lieu.
Pourquoi cela compte pour les habitants du Mozambique
Les rhinocéros blancs vivaient autrefois dans toute l'Afrique australe, mais un braconnage intensif pour leurs cornes les a poussés à l'extinction locale au Mozambique. Pour les communautés locales et les responsables de la conservation, le retour d'une population reproductrice est un signe de rétablissement. Le parc national de Zinave fait l'objet d'un important effort de restauration, y compris la réintroduction d'autres espèces comme les éléphants et les buffles. La présence de rhinocéros peut également apporter des revenus touristiques à la région, donnant aux populations locales un intérêt direct dans la protection des animaux.
Cette translocation ne concerne pas seulement un parc. Elle fait partie d'un effort plus vaste pour restaurer les populations d'animaux sauvages dans les aires protégées du Mozambique. Le pays a perdu la plupart de ses grands mammifères pendant une longue guerre civile et la crise de braconnage qui a suivi. Ramener un cheptel reproducteur de rhinocéros blancs montre que ces pertes ne sont pas permanentes. Les animaux sont maintenant en place. Leur prospérité dépendra d'une protection continue et de la santé de l'écosystème du parc.