À plus de 6 000 mètres d'altitude, où l'air est rare et les températures glaciales, une petite souris a élu domicile au sommet des volcans du Chili. Cette découverte surprenante a laissé les scientifiques perplexes pendant des années, mais une nouvelle étude explique enfin comment ces mammifères parviennent à prospérer dans un environnement aussi hostile.
Le refuge de haute altitude
La souris à oreilles de feuilles des Andes, connue scientifiquement sous le nom de Phyllotis vaccarum, a été trouvée vivant sur les sommets de plusieurs volcans de la région d'Atacama au Chili. Ces cimes comptent parmi les habitats les plus extrêmes de la planète, avec des niveaux d'oxygène environ deux fois inférieurs à ceux du niveau de la mer et un rayonnement solaire intense. L'étude, publiée par des chercheurs dont Jay Storz, documente comment ces souris non seulement survivent mais semblent actives et en bonne santé à ces altitudes.
Comment elles font
L'équipe de recherche, dirigée par des scientifiques de l'Université du Nebraska et des collaborateurs au Chili, a capturé des souris vivantes sur ces sites de haute altitude. Ils ont découvert que les souris ont développé des adaptations physiologiques remarquables. Leur sang transporte l'oxygène plus efficacement, et leurs cellules utilisent l'énergie de manière à réduire le besoin en oxygène supplémentaire. L'étude note également que les souris cherchent probablement refuge dans des crevasses rocheuses et des tunnels de neige pour échapper au froid, et qu'elles se nourrissent peut-être d'insectes et de graines soufflés depuis les pentes inférieures.
Pourquoi les habitants locaux s'y intéressent
Pour les communautés locales du Chili, ces souris sont plus qu'une simple curiosité. Les volcans sont sacrés dans la culture andine, et la présence de vie à de telles extrêmes remet en question les hypothèses sur les endroits où les animaux peuvent vivre. L'étude a également des implications pour comprendre comment les mammifères pourraient s'adapter aux changements climatiques et aux environnements de haute altitude ailleurs. Les chercheurs soulignent que ces souris ne sont pas une espèce distincte mais la même souris à oreilles de feuilles trouvée à des altitudes plus basses, ce qui rend leur adaptabilité encore plus remarquable.
Un nouveau record de survie
Les résultats établissent un nouveau record pour l'altitude la plus élevée où un mammifère a été documenté vivant toute l'année. Alors que d'autres animaux comme les oiseaux et les insectes ont été observés à des hauteurs similaires, c'est la première fois qu'un rongeur est confirmé comme ayant fait de ces altitudes extrêmes son habitat permanent. L'étude ouvre la voie à d'autres recherches sur la façon dont d'autres petits mammifères pourraient faire face à des conditions extrêmes, et nous rappelle que la vie trouve toujours un chemin, même dans les endroits les plus improbables.