Un plumage éclatant peut être une condamnation à mort. Une nouvelle étude révèle que les espèces d'oiseaux aux couleurs vives sont nettement plus susceptibles de faire face à l'extinction que leurs cousins ternes, et le commerce des animaux de compagnie n'est pas la seule raison.
La couleur comme une malédiction, pas une couronne
Les chercheurs ont analysé les données de plus de 24 000 espèces d'oiseaux dans le monde. Ils ont découvert que les oiseaux les plus colorés, en particulier ceux au plumage jaune, orange et rouge, courent un plus grand risque de disparaître. Cette tendance persistait même après avoir exclu les espèces connues pour être capturées pour le commerce des animaux de compagnie. Cela suggère qu'autre chose est à l'origine de cette tendance.
Où se cache le danger
L'étude a été dirigée par des scientifiques de l'Université d'Oxford au Royaume-Uni. Ils ont utilisé une mesure appelée colorimétrie, qui évalue le nombre de couleurs différentes présentes sur le corps d'un oiseau. Les espèces avec des scores de colorimétrie élevés étaient plus susceptibles d'être classées comme menacées ou quasi menacées sur la Liste rouge de l'UICN. Le lien était le plus fort pour les oiseaux des régions tropicales, où la biodiversité est déjà sous pression en raison de la perte d'habitat et du changement climatique.
Les communautés locales de ces régions dépendent souvent des forêts pour leur alimentation et leurs revenus. Lorsque les oiseaux colorés disparaissent, cela peut signaler des dommages plus larges à l'écosystème. Mais les chercheurs affirment que le risque supplémentaire pour les oiseaux colorés ne peut être entièrement expliqué par des menaces connues comme la déforestation ou la chasse. L'étude pointe vers un facteur inconnu qui pourrait cibler les espèces les plus frappantes visuellement.
Un casse-tête pour les défenseurs de la nature
Ces résultats soulèvent de nouvelles questions pour la protection de la faune. Si les oiseaux colorés disparaissent plus vite que prévu, les stratégies de conservation actuelles pourraient passer à côté d'une menace clé. Les chercheurs appellent à davantage d'investigations pour comprendre ce qui rend ces oiseaux particulièrement vulnérables. Ils notent que la colorimétrie n'est pas qu'un trait esthétique. Elle pourrait être liée à l'alimentation, aux besoins en habitat ou à la visibilité pour les prédateurs. Comprendre ce lien pourrait aider à prévenir de futures pertes.
Cette étude ne prétend pas que tous les oiseaux colorés sont condamnés. Elle montre que la couleur est un facteur de risque mesurable, qui a été négligé. Pour les groupes de conservation qui travaillent à sauver des espèces, c'est un signal à ne pas ignorer.