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À 84 ans, un médecin congolais combat encore Ebola en première ligne

La personne la plus âgée en première ligne de la dernière épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo n'est ni un jeune volontaire ni un expert étranger. C'est un médecin local de 84 ans qui a passé des décennies à...

La personne la plus âgée en première ligne de la dernière épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo n'est ni un jeune volontaire ni un expert étranger. C'est un médecin local de 84 ans qui a passé des décennies à combattre le même virus.

Une vie passée face au même virus

Le docteur Jonas Mavinga soigne des patients atteints d'Ebola depuis l'apparition de la maladie dans le pays en 1976. Aujourd'hui, près de 50 ans plus tard, il est toujours en service. Quand une nouvelle épidémie a été déclarée dans l'est de la République démocratique du Congo, Mavinga n'a pas hésité. Il est retourné travailler dans un centre de traitement de la ville de Beni, une région qui a connu plusieurs flambées d'Ebola au fil des ans.

Mavinga travaille aux côtés de jeunes soignants, dont beaucoup n'étaient pas nés quand il a commencé sa carrière. Il dit se sentir le devoir d'utiliser les connaissances qu'il a acquises. Les autorités sanitaires locales affirment que son expérience est inestimable dans une crise où chaque erreur peut coûter des vies. Pour les habitants de Beni, voir un visage familier des épidémies passées apporte une dose de confiance dans un système qui a souvent suscité la méfiance.

Pourquoi sa présence compte dans une communauté nerveuse

En République démocratique du Congo, les équipes de réponse à Ebola ont parfois fait face à l'hostilité de communautés qui craignent les étrangers ou se méfient des messages officiels. Mavinga est connu localement. Il parle les mêmes langues et a soigné de nombreuses familles au fil des ans. Sa présence aide à faire le pont entre les soignants et les habitants qui pourraient autrement résister à la vaccination ou au traitement.

Ses collègues disent qu'il fait de longues gardes et insiste pour examiner les patients lui-même. Il n'utilise pas son âge comme excuse pour rester dans un bureau. Au contraire, il enfile l'équipement de protection et entre dans les zones à haut risque où les malades sont isolés. Les jeunes médecins disent puiser de la force en le regardant travailler.

Une carrière qui s'étend sur près de cinq décennies

Mavinga a rencontré Ebola pour la première fois lors de l'épidémie de 1976 à Yambuku, la toute première apparition connue du virus. À l'époque, il n'y avait ni vaccins ni traitements éprouvés. Il a appris en regardant des patients mourir et en essayant tous les soins de soutien disponibles. Au fil des décennies, il a vu la science évoluer. Des vaccins existent désormais. Les taux de survie se sont améliorés. Mais le virus revient toujours, et le travail reste dangereux.

Quand on lui demande pourquoi il continue, Mavinga répond simplement que les malades ont besoin de quelqu'un qui sait quoi faire. Il a survécu à beaucoup de ses collègues. Il a enterré des amis. Mais il a aussi vu des patients sortir vivants des centres de traitement.

La signification de l'endurance d'un médecin

La République démocratique du Congo a connu plus d'épidémies d'Ebola que tout autre pays. Chaque nouvelle vague met à l'épreuve le système de santé et la patience de la population. Le service continu de Mavinga rappelle que la lutte contre le virus n'est pas une campagne courte mais un effort générationnel de longue haleine. Il n'est pas un symbole. C'est un médecin en activité qui enfile encore ses gants et va travailler.

Source: Africanews

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