Une sonde lancée il y a près de dix ans se rapproche enfin de Mercure, la planète la plus petite et la moins explorée du système solaire. La mission BepiColombo, un effort conjoint entre l'Agence spatiale européenne et l'agence spatiale japonaise JAXA, est en approche finale après un périple de 9 milliards de kilomètres qui a inclus plusieurs survols de la Terre, de Vénus et de Mercure elle-même. Les contrôleurs de mission ont qualifié la prochaine insertion orbitale de « moment brillant » après des années de patience et de vol de précision.
Une décennie de détours et d'assistances gravitationnelles
BepiColombo a quitté la Terre en octobre 2018, mais elle n'a pas pris un chemin direct vers Mercure. La sonde a utilisé neuf survols planétaires pour ralentir et ajuster sa trajectoire, car la proximité de Mercure au Soleil la rend notoirement difficile à atteindre. La sonde a déjà renvoyé des images frappantes de la surface cratérisée de la planète lors de ces passages rapprochés, donnant aux scientifiques leur premier regard frais sur Mercure depuis des décennies.
La mission porte le nom de Giuseppe Colombo, le mathématicien italien qui a le premier expliqué la résonance rotationnelle de Mercure avec le Soleil. BepiColombo est en réalité deux orbiteurs en un : le Mercury Planetary Orbiter et le Mercury Magnetospheric Orbiter, tous deux conçus pour étudier la planète sous des angles complémentaires une fois séparés en orbite.
Ce qui se passe à son arrivée
En décembre 2025, la sonde doit allumer ses propulseurs pour entrer en orbite autour de Mercure, une manœuvre qui mettra fin à sa longue phase de croisière et commencera la mission scientifique principale. Une fois en orbite, les deux sondes étudieront le champ magnétique de Mercure, son exosphère ténue et la composition mystérieuse de sa surface, riche en éléments volatils qui ne devraient pas survivre si près du Soleil.
Pour les scientifiques et ingénieurs qui travaillent sur BepiColombo depuis plus de deux décennies, l'arrivée est la récompense de années d'attente. La mission a déjà survécu à des pépins techniques, y compris un problème de propulsion qui a forcé les contrôleurs à improviser avec des réglages alternatifs des propulseurs. Malgré ces obstacles, la sonde reste sur la bonne voie pour son rendez-vous historique.
Pourquoi cela compte pour les gens sur Terre
Mercure est un monde d'extrêmes, avec des températures diurnes assez chaudes pour fondre le plomb et des températures nocturnes assez froides pour geler l'azote. Comprendre comment une telle planète s'est formée et a évolué peut révéler des indices sur le système solaire primitif, y compris comment les planètes rocheuses comme la Terre ont vu le jour. Pour le Japon, qui a contribué avec des instruments et une expertise clés à la mission, l'arrivée est un point de fierté nationale dans son portefeuille croissant d'exploration spatiale lointaine.
L'insertion orbitale sera un moment tendu, mais l'équipe de mission a préparé chaque scénario. Si tout se passe bien, BepiColombo deviendra seulement la deuxième sonde à orbiter autour de Mercure, après la sonde Messenger de la NASA, qui a terminé sa mission en 2015. Les données qu'elle collectera sur sa mission prévue de deux ans pourraient réécrire les manuels de science planétaire.
Alors que la sonde fait son approche finale, le monde regardera un voyage qui a commencé avec un lancement en Guyane française et se terminera par une danse délicate autour d'un monde brûlé et cratérisé. La décennie d'attente est presque terminée, et la récompense promet d'être extraordinaire.