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Un tissu testiculaire congelé restaure la production de spermatozoïdes après 16 ans

Un homme dont du tissu testiculaire avait été prélevé et congelé à l’âge de 10 ans a retrouvé la capacité de produire des spermatozoïdes 16 ans plus tard, après que des médecins lui ont transplanté le tissu dans le corps...

Un homme dont du tissu testiculaire avait été prélevé et congelé à l’âge de 10 ans a retrouvé la capacité de produire des spermatozoïdes 16 ans plus tard, après que des médecins lui ont transplanté le tissu dans le corps. L’intervention, réalisée aux États-Unis, marque la première fois que du tissu testiculaire immature congelé a restauré la production de spermatozoïdes chez un adulte humain.

Une décision d’enfance qui a payé des décennies plus tard

Le patient avait été diagnostiqué avec un trouble sanguin étant enfant et avait besoin d’une chimiothérapie, un traitement qui détruit souvent les cellules qui produisent les spermatozoïdes. Avant de commencer la chimiothérapie à 10 ans, les médecins ont prélevé un échantillon de son tissu testiculaire et l’ont congelé. À l’époque, le garçon n’avait pas encore commencé à produire des spermatozoïdes, donc le tissu ne contenait que des cellules souches spermatogoniales, les précurseurs immatures des spermatozoïdes.

Seize ans plus tard, devenu adulte, l’homme voulait avoir des enfants biologiques. Les médecins ont décongelé le tissu et l’ont transplanté dans ses testicules. En quelques mois, le tissu a commencé à produire des spermatozoïdes. L’homme produit désormais des spermatozoïdes viables, et sa compagne est tombée enceinte par fécondation in vitro.

Pourquoi cela compte pour les familles confrontées au cancer

Pour les familles aux États-Unis et dans le monde, ce résultat offre une nouvelle option pour préserver la fertilité des garçons prépubères qui ont besoin d’un traitement contre le cancer. Jusqu’à présent, la banque de sperme n’était possible que pour les garçons ayant déjà traversé la puberté. Les enfants plus jeunes n’avaient aucun moyen fiable de protéger leur fertilité future.

L’intervention est encore expérimentale et n’a été réalisée que sur une poignée de patients. Les chercheurs préviennent que le succès peut varier selon le type de cancer, les médicaments de chimiothérapie utilisés et la qualité du tissu conservé. Mais le résultat fournit une preuve de concept qui était recherchée depuis des décennies.

Ce que disent les scientifiques de cette avancée

Les chercheurs qui ont examiné le cas l’ont qualifié d’étape majeure pour la médecine reproductive. L’approche avait déjà fonctionné dans des études animales, mais sa transposition chez l’humain s’est avérée difficile. Le défi principal était de garantir que les cellules souches transplantées survivent, se multiplient et entament le processus complexe de production de spermatozoïdes.

L’équipe derrière l’intervention n’a pas encore publié les résultats complets dans une revue à comité de lecture, mais a présenté les conclusions lors d’une conférence médicale. D’autres scientifiques ont appelé à la prudence jusqu’à ce que les données soient vérifiées de manière indépendante. Néanmoins, beaucoup considèrent la grossesse comme un moment historique.

Ce cas ouvre la voie à des essais cliniques plus vastes. Si la technique s’avère fiable, elle pourrait devenir un soin standard pour les garçons dont le traitement contre le cancer menace la fertilité. Pour l’instant, il s’agit d’une seule réussite, qui a mis 16 ans à se concrétiser.

Source: Nature News

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